Le verger, les œufs, le dimanche matin
La chasse commence à onze heures, le dimanche de Pâques. À neuf heures, Marc a caché entre soixante et cent œufs peints dans le verger, le carré d'herbes aromatiques et la prairie basse. Le compte dépend du nombre d'enfants invités cette année-là. Les œufs sont vrais, peints à la main le samedi après-midi par qui veut donner un coup de main. Les bonbons à l'intérieur viennent d'un chocolatier de Tours.
Chaque enfant reçoit un panier et une carte dessinée à la main. Le verger est clos, la prairie basse est surveillée. Nous n'avons jamais perdu un enfant ni un panier en vingt-trois Pâques, ce qui nous semble un score honorable.
Le déjeuner qui suit
Le déjeuner du dimanche commence à treize heures et tient jusqu'à seize. C'est le seul repas de l'année où les enfants prennent place à la longue table en chêne avec les adultes : la règle est suspendue pour Pâques. Au menu, gigot d'agneau de pré-salé d'une ferme près de Saumur, flageolets, premières asperges du jardin, et une tarte au chocolat qui finit ce qui restait des œufs peints.
Il y a en général trois ou quatre familles élargies sur place : des grands-parents arrivés en train, les parents en voiture, un adolescent qui préférerait être à Paris mais qui passe une meilleure journée que prévu.
Où dorment les enfants
Nous gardons la Garden Room et la suite familiale dans les écuries restaurées pour les réservations du week-end de Pâques : les deux ont la place pour des enfants et une porte privée vers le verger. Nous déposons aussi un panier de crayons et trois albums illustrés en anglais et en français dans chaque chambre avant l'arrivée.
Ma fille de huit ans croit toujours que les œufs sont pondus dans le verger pendant la nuit. Elle a maintenant dix-neuf ans. Surtout, ne lui dites rien.
Une mère de Lyon, à la dixième Pâques de sa famille à la maison